Je vous dis tout sur ce que j'ai vécu pendant 5 ans avec un manipulateur narcissique

C’est un sujet que je ne voulais pas aborder sur mon blog. Je ne savais pas comment cet article serait accueilli, je ne voulais pas juste me plaindre de ce que j’avais vécu mais je me rends bien compte que je n’arrive pas totalement à avancer. Il y a cette chose qui tourne en boucle dans ma tête et je sais que ça ne s’arrêtera pas tant que je n’aurais pas tout écrit. Il se peut que je ne publie jamais ces lignes après tout. Mais j’ai l’intime conviction que peut-être mon histoire pourrait en aider d’autres. Savoir que l’on n’est pas toute seule, savoir que cela est déjà arrivé, cela permet d’avancer. Alors voilà, je vais exorciser les 5 années de ma vie que j’ai passées avec un manipulateur narcissique.

 Attention : cet article est particulièrement long ! Je vous dis tout sur ce que j'ai vécu pendant 5 ans avec un manipulateur narcissique

Un manipulateur narcissique…

Quand j’étais petite j’étais timide et angoissée. J’avais peur de beaucoup de chose. Du jugement, des autres, de ne pas être assez, de ne pas mériter d’être aimé, de ne pas être importante, d’être invisible, d’être seule, de n’être rien. Cela ne se voyait pas pourtant. J’avais tellement peur de toutes ces choses que je m’entourais comme je le pouvais pour ne pas être seule, je faisais semblant de ne pas être timide pour que cela ne se voit pas. Je faisais semblant pour beaucoup de choses pour ne pas être démasquée mais dans le fond les peurs étaient toujours là. Dans le fond j’étais une grande introvertie. Mon imaginaire était ma porte de sortie, mon échappatoire. J’imaginais des histoires où je rencontrais l’homme de ma vie. J’avais terriblement envie d’être aimée quand mes amies autour de moi, elles, avaient des petits copains.

Puis il est apparu. J’étais comme un papillon qui voyait pour la première fois le soleil. Je n’avais qu’une envie, voler vers lui, graviter autour de lui, exister grâce à lui. Il m’a donné de l’attention et c’était tout ce que je demandais. C’était la raison pour laquelle je me levais le matin, c’était ma seule obsession : passer du temps avec lui. J’étais comme une droguée qui avait trouvé sa cam’. J’en voulais constamment et encore plus quelles que soient les conséquences. J’étais prête à tout donner et je me rends compte maintenant que c’est ce que j’ai fait. Je me suis donnée corps et âme. Je ne me rendais pas compte à l’époque à qui je donnais ma confiance.

Bien sûr le manipulateur narcissique est toujours tout beau tout charmant au début ! Il me faisait rire, je me sentais belle grâce à lui, j’avais l’impression de ne plus être transparente. Mais comme j’étais trop prêt du soleil, je n’avais pas fait attention à ces quelques détails. Il a commencé doucement mais sûrement à me changer. Certes je n’étais pas très féminine mais il me demandait de venir en jupe, il voulait que je me fasse belle pour lui et moi je n’ai pas bronché. J’ai fait ce qu’il demandait parce qu’en retour j’avais toujours ma dose. Il voulait quelque chose ? Un petit chantage affectif et j’acceptais n’importe quoi. J’étais sa poupée, sa pouliche, fraîche et malléable au possible !

Même le début de notre relation était une catastrophe. Me mettre en couple avec un mec qui venait de tromper 2 filles en même temps avec moi ? Mauvaise idée, très mauvaise. Mais bon, j’avais le soleil rien qu’à moi. Vous vous rendez compte ? J’avais la seule chose que je voulais le plus au monde : être aimée. J’étais droguée à l’ocytocine, à l’endorphine, aux hormones du bonheur et de l’amour. Je crois que les premiers mois étaient parfaits et incroyables. C’était ma toute première relation, mon premier copain, c’était sublime. J’avais l’impression de revivre ! C’était juste du bonheur, de la joie, un bien-être intense et une absence de solitude.

Le souci avec la première relation, c’est qu’on n’a pas de point de comparaison. On n’a pas de recul, on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. Aussi jeune, on ne se connait pas vraiment, on ne connaît pas nos valeurs, on serait prêt à tout. Ce que je ne savais pas, c’est que l’amour ce n’est pas des montagnes russes. Je me suis vite rendu compte qu’il m’emmenait très haut (trop haut) près du soleil puis il me laissait tomber de plus en plus bas. Et ainsi de suite… Plus haut et douce est l’ascension, plus dure et profonde est la chute. Je prenais ma dose, je planais de plus en plus fort et cela suffisait pour masquer la descente aux enfers. Pour masquer le chagrin, la tristesse, la solitude, la colère, l’incompréhension et l’impuissance.

J’ai acheté un livre, un livre à remplir à deux. C’était un livre conçu pour nous aider à raconter notre histoire, à nous découvrir encore plus ent tant que couple. J’étais totalement excitée à l’idée de le remplir petit à petit avec lui. Lui bizarrement beaucoup moins. Je me souviens même l’avoir forcé au début. Je l’ai relu il n’y a pas longtemps et ça a fait ressurgir un souvenir, que j’avais enfoui quelque part dans mon cerveau. Dans une petite zone sous ma boîte crânienne où je mettais toutes les incohérences, les mystères, les agressions quotidiennes et silencieuses que faisait ressortir notre couple. Donc dans cette petite boîte noire j’ai rangé ceci…

Une des questions du livre était la suivante : « Qu’est-ce qui vous a plu chez l’autre ? ». Moi j’ai écrit que j’aimais son humour, sa culture, je le trouvais intelligent, charismatique et je lui trouvais un talent d’orateur certain. Sa réponse ? Mon corps. Ma réaction ? J’ai rigolé et je suis passée à autre chose. C’est la seule chose qui lui plaisait en moi. Il me disait régulièrement que j’étais bête, maladroite, idiote, pas douée, … Il m’a clairement dit une fois qu’il ne m’aimait pas pour mon esprit. Une entité qui n’est appréciée que pour son apparence et son utilité est un objet. L’âme et l’esprit font l’être humain. Je n’étais qu’une possession. Il aimait aussi me rappeler qu’il était parfait et que moi non.

Je me souviens que s’il voulait quelque chose, il n’avait qu’à me le demander avec une voix toute mignonne et avec des yeux doux pour que j’accepte. Quand je faisais la même chose, il refusait si ce n’était pas ce qu’il voulait. Je faisais des concessions quand lui n’en faisait aucune. Mais que voulez-vous, j’étais hypnotisée. J’étais tellement hypnotisée que je ne mettais pas rendu compte que j’étais seule. Je passais tout mon temps avec lui. J’étais greffée à lui. Je n’avais déjà pas beaucoup d’amis avant lui, j’en avais encore moins avec lui. J’en avais certes quelques un mais je n’avais personne à qui me confier à part lui. Vous voyez le problème ?

Le problème c’est que parfois je répondais un peu vite, un peu trop vivement à cause d’une mauvaise journée à la fac ou à cause de la fatigue. Si jamais j’avais le malheur d’être pas bien, cela l’énervait et il ne voulait plus de moi. Je n’existais que si j’étais de bonne humeur. Si ce n’était pas le cas, il m’ignorait. Je devais lui revenir seulement si j’allais mieux. Le problème ? Que se passe-t-il quand une personne angoissée voit ses démons revenir ? Elle sombre. Il ravivait ma peur de l’exclusion et ma peur de la solitude. Alors je pleurais…

Je pleurais parce que j’avais l’impression de l’avoir déçu. Je pleurais parce qu’il me faisait disparaître de son monde. Je pleurais parce que je me sentais perdu. Je pleurais parce que d’un seul coup j’étais seule. Je pleurais parce qu’il m’éloignait. Qu’est-ce que j’avais fait ? Est-ce que je le méritais ? Je n’en savais rien. Le problème c’est qu’à cette époque je ne savais pas gérer les émotions négatives comme la tristesse. Lorsque je pleurais je m’enfermais dans le mutisme le plus total. Et cela l’énervait encore plus. Je comprends que cela puisse être énervant de demander à quelqu’un ce qui ne va pas et de ne pas avoir de réponse. Tout ce que je demandais c’était juste un câlin, du réconfort, une épaule.

A la place, j’avais le droit à encore plus de mépris. Il me laissait pleurer à côté de lui. Il m’ignorait alors je pleurais encore plus. Lorsque mentalement je n’en pouvais plus, je courbais l’échine, je m’excusais et je regagnais ses bonnes grâces. Alors j’effaçais tout. Mais c’était chronique. Toutes les 2/3 semaines cela recommençait mais au fil des années c’était de pire en pire. Au lieu de m’ignorer pendant des heures, il m’ignorait pendant des jours puis des semaines. Est-ce que vous savez ce que cela fait de vivre dans 15m² pendant des semaines avec quelqu’un qui vous ignore et qui ignore votre mal-être ? C’est atroce. C’est de la torture. C’est éprouvant. Mentalement et physiquement.

Je vous dis tout sur ce que j'ai vécu pendant 5 ans avec un manipulateur narcissiqueJ’ai appris à pleurer en silence. La nuit quand nous étions couchés l’un à côté de l’autre, lui dormait et moi je pleurais. J’essayais de ne pas faire trop de bruit pour ne pas l’empêcher de dormir. Jour après jour, les mouchoirs usés fleurissaient sous mon oreiller. Quand parfois je n’arrivais plus à contrôler mes sanglots, j’allais dans la salle de bain et j’attendais que la fatigue vienne me chercher. J’attendais le moment où Morphée viendrait me libérer. Le matin je couvrais les dégâts de la nuit avec de l’anticernes. La journée, j’allais à la fac. Le soir je rentrais, je baissais les yeux et j’évitais son regard. J’avais peur de voir à quel point je le saoulais. Puis venais le moment de dormir, à côté de lui, à me rapprocher le plus près possible du mur pour ne pas le toucher, pour ne pas le déranger. Car si jamais j’osais toucher sa main, il l’a retiré aussitôt et me demandais d’arrêter.

Alors les larmes commençaient à couler. J’arrivais à force à contrôler les hoquets, à taire les gémissements. Je me suis rendu compte plus tard que les larmes tâchent les oreillers. Heureusement que les taies étaient là pour cacher ce désastre… Toutes les nuits je me demandais : est-ce qu’il m’entend ? Est-ce qu’il sait que je pleure toutes les nuits ? Est-ce qu’il fait semblant de ne pas m’entendre ? Je n’ai jamais su et je ne le saurai jamais. Ce que je sais par contre c’est que la tristesse peut avoir des répercussions sur le corps.

Cela faisait plus de deux semaines qu’il ne me parlait plus, qu’il ne me regardait plus et qu’il m’ignorait. J’avais énormément de travail à faire pour la fac : les partiels, les travaux pratiques, les compte-rendus mais peu de temps. Alors je rentrais à notre appart’, je travaillais et je me rendais compte qu’il était minuit et que j’avais oublié de manger. Mais il fallait aussi dormir alors j’allais me coucher pour pleurer et m’effondrer de fatigue pour ensuite me réveiller tôt afin de retourner à la fac. Et ainsi de suite… Avec la fatigue, la malnutrition et le cahrgin, je ne m’étais pas rendu compte que je me grattais constamment le cou. Je ne m’étais rendu compte que j’avais des éruptions cutanées qui allaient de mon cou à ma mâchoire. J’ai eu un zona pour la première fois. Le docteur m’a dit que j’étais immunodéprimé. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre pourquoi. Je me souviens avoir pleuré dans le tram en rentrant à l’appartement. Je devais faire pitié avec mes bandages au cou et sur la moitié du visage.

Mais j’ai aussi passé l’éponge, une fois mettre excuser. Mais c’est aussi aller plus loin avec le temps. Il a commencé à remettre en cause ma santé mentale. Il disait que j’avais dit des choses et je ne m’en souvenais pas. Il disait savoir ce que je pensais. Quand je voulais camper sur mes positions pour l’affronter, il détruisait mes arguments. Il me faisait douter de moi. Il disait que je mentais, que je ne savais plus ce que je disais. Cela arrivait tellement souvent que j’en suis vraiment arrivé à un point où je doutais de moi-même. J’ai réellement cru devenir folle. J’ai réellement pensé que je devenais taré. C’était la seule explication logique à tout ce que je vivais.

Alors j’ai courbé l’échine. Je ne le contredisais plus. S’il disait quelque chose c’est que c’était vrai. Si je n’étais pas d’accord, je le gardais pour moi et je hochais la tête. S’il voulait quelque chose, je le lui donnais. Si je voulais quelque chose qu’il ne voulait pas me donner, alors je mettais mes envies de côté. De cette manière, il ne me faisait plus la gueule. De cette façon, je pouvais rester dans ses bras. De cette façon, j’existais à travers lui. Je n’avais qu’à garder un sourire sur mon visage. Je n’avais qu’à faire semblant d’être heureuse la moitié du temps.

Mais parfois je dérapais et tout recommençait. J’ai essayé de lui écrire ce qui n’allait pas mais il se moquait de moi. Parfois j’essayais de parler mais ça n’arrangeait rien. Il me disait que je n’avais qu’à aller me plaindre ailleurs. Qu’à en parler à « mes amies ». Mais je n’avais personne. Personne à qui parler, personne pour me réconforter, personne à qui tout raconter. C’est comme être coincée au fond d’un puits. Même lui, je crois, ne se rendait pas compte comme je n’avais que lui. J’étais seule… Sans lui, je n’avais rien. Je n’étais plus rien. C’est tout bonnement affreux de n’avoir aucun répit, aucune porte de sortie, d’être complètement coincé. Je priais pour disparaître. Je n’avais que ma peine et ma douleur pour me prendre dans les bras. Je me disais que ce serait plus simple de ne plus être. Ça ferait forcément moins mal. Mais en attendant, j’enfilais tous les matins mon masque pour que les autres ne voient rien.

Une fois je suis allée à un mariage avec sa famille. Je ne connaissais personne à part lui. Je serais incapable de vous dire ce qui s’est passé mais je l’ai énervé. Alors il m’a laissé toute seule au milieu d’inconnu. J’ai essayé de trouver un endroit pour disparaître en silence et attendre mais il y avait trop de monde dans un si petit espace. Je suis allée dehors mais il neigeait, il faisait vraiment froid et je n’avais pas de blouson. Juste mes talons, ma robe et mes collants. J’ai essayé de rester dehors le plus longtemps possible mais j’étais gelée. Je suis alors rentrée mais les enfants des invités me suivaient partout où j’allais. Ils n’arrêtaient pas de me demander pourquoi je pleurais. Ils voulaient simplement être gentil, moi je voulais simplement disparaître. Je voulais être seule pour souffrir en silence et je n’y avais pas le droit. Alors je suis ressortie pleurer dehors. J’ai pleuré toute la soirée. J’ai pleuré en attendant que la soirée s’arrête. Lorsqu’enfin il a été question de dormir, il est venu me chercher parce que j’inquiétais sa petite sœur et je me suis éteinte à côté de lui comme d’habitude…

Des histoires comme celle-ci, j’en ai des dizaines et des dizaines…

Mais je passais toujours l’éponge après ! Vous savez très bien, pour profiter du soleil. Lorsqu’on était avec ses amies, c’était comme si je n’existais pas. C’était comme si j’étais une simple amie. Je n’avais droit à de l’attention seulement en privé. C’était plutôt dur de trainer avec d’autres couples qui se tenaient la main, qui se prenaient dans les bras alors que toi ton copain ne veut pas. La raison ? Il est avec ses amies dans l’instant, pas avec moi. Et cela aussi l’énervais, que j’en veuille plus. Je voulais juste ne plus être son ombre. J’aurais voulu être à ses côtés, exister juste un peu à ses yeux devant ses amis. Mais de temps à autre, il était gentil, tendre et attentionné. Ça effaçait tout dans ma tête. Seulement s’il m’achetait un cadeau, c’était un cadeau qui lui ferait plaisir. Des talons, de la lingerie, des collants, … Rien qui me fasse vraiment envie mais c’était des cadeaux, alors ça réchauffait mon cœur. Enfin bref, …

Tout ça pour finalement être larguée ! Il m’avait dit qu’il me suivrait à Dijon mais c’était un mensonge. Il est resté là où il était et deux choses sont ressorties : premièrement contrôler et utiliser quelqu’un à distance ça marche beaucoup moins bien et deuxièmement pourquoi continuer à jouer avec une vieille poupée usée et durcie par la vie alors qu’une nouvelle se présente à lui. Une nouvelle poupée à modeler, à façonner, à utiliser, une nouvelle poupée qui n’a encore rien vu, qui ne sait pas ce qui l’attend. Une petite poupée naïve, aussi naïve que je l’étais prête à lui ouvrir ses bras et son cœur pour de l’amour.

Je vous dis tout sur ce que j'ai vécu pendant 5 ans avec un manipulateur narcissiqueMon renouveau

La douleur et la tristesse m’ont ravagé après cette rupture pour laisser juste assez de place à la dépression. J’avais perdu la seule chose qui rendait tout ce que j’ai vécu acceptable. C’est incroyable comme le cerveau se protège tout seul de la douleur en occultant, en masquant les choses. Sauf que le voile s’est levé d’un seul coup. La brume autour de moi s’est levée pour laisser place à un champ de ruines. Tous les pansements que j’avais posés sur mes plaies infectées se sont arrachés d’un seul coup. Ça fait un mal de chien. C’est tout bonnement affreux. Mais ça a été un mal pour un bien. Il m’a libéré, chose que je n’aurai jamais eu le cran de faire.

Je n’ai jamais été aussi seule avec lui. Je n’ai jamais été aussi heureuse et libre sans lui.

Qu’on soit clair par contre, j’ai aussi une part de responsabilité à prendre dans tout ça. J’avais bien des problèmes à régler et peut-être que si j’avais eu plus de cran et plus d’aplomb, cela se serait peut-être passé autrement. Le mutisme qui me frappait quand je pleurais, ce n’est pas non plus très normal. J’ai des soucis sur lesquels je dois travailler je le sais. Je suis clairement loin d’être parfaite mais je ne crois pas pour autant être une sous merde. Je pense juste que cette relation m’a profondément blessé mais elle m’a aussi permis aujourd’hui d’être complètement endurcie. J’ai appris de mes erreurs, j’ai pansé mes blessures et je suis toujours debout.

Je vous dis tout sur ce que j'ai vécu pendant 5 ans avec un manipulateur narcissiqueTout ça pourquoi ?

Comment je m’en suis remise ? Je l’explique dans cette article. Mais le plus important, c’est toi qui me lis. Toi qui peut-être s’est retrouvé à travers mes lignes. L’amour rend aveugle. Je ne le savais pas avant, j’en suis plus que persuadée maintenant. L’amour rend aveugle, rend stupide. L’amour nous amène parfois à nous négliger, à accepter tout et n’importe quoi. Malheureusement, on ne s’en rend compte que quand c’est fini. J’aimerais que vous vous en rendiez compte maintenant. J’aimerais que vous arriviez à mettre deux mots sur la source de votre souffrance : « manipulateur narcissique ». Je ne suis pas qualifiée pour vous expliquer le fonctionnement du pervers narcissique ou la source de ce comportement pathologique. Je ne saurai même pas vous le décrire précisément. Il existe de nombreux articles très bien écrits pour mieux les comprendre et mieux les détecter. Mais ce que je peux vous dire c’est ce que fait un manipulateur narcissique.

Comment j’ai compris ce qu’il était ? En tombant par hasard sur un de ces articles. Comment j’ai compris que je ne me trompais pas ? Quand même mon amie la plus proche en tombant sur ce genre d’article m’a dit que cela ressemblait à mon ex. Ce que je peux faire c’est partager avec vous tous ces détails que je croyais anodin et qui en fait étaient les signes que j’étais manipulée. Ce sont toutes ces choses que j’ai rangées au plus profond de mon cerveau parce que je n’arrivais pas à y trouver du sens.

  • Il vous rabaisse: cela peut se faire via de toutes petites remarques anodines ou être totalement explicite. Il vous rabaisse pour vous donner l’envie d’être une meilleure personne pour lui. En vous dévalorisant, il se valorise. Cela vous donne l’impression d’être chanceuse d’être avec une personne comme lui et vous mettez tout en place pour lui plaire. Il peut remettre en cause vos qualités, vos compétences, votre apparence, … C’est juste un moyen d’augmenter votre addiction pour lui.
  • Il vous fait du chantage affectif: Il vous amène doucement mais sûrement à faire ce qu’il veut en utilisant l’amour que vous lui portez. Par amour, vous acceptez. Vous faites des concessions pour lui, vous réalisez des tâches pour lui, vous faites même des choses que vous n’auriez jamais accepté de faire. Si jamais vous tenez bon, il vous fera culpabiliser au nom de l’amour et vous vous sentirez très mal.
  • Il vous isole des autres : petit à petit vous vous éloignez de vos amis, de votre famille pour être avec lui pleinement. Par amour et parce qu’il vous éblouit vous ne vous rendez pas compte que votre entourage se retrouve en arrière-plan. Pourquoi ? Parce que votre entourage est plus à même de voir son stratagème et de vous prévenir. En vous isolant, il accentue son emprise.
  • Il remet toute la faute sur vous : ce n’est jamais de la sienne mais toujours de la vôtre. De cette façon, il vous met sur le dos toutes les responsabilités. S’il y a un problème ou un conflit dans le couple, ce n’est pas de sa faute puisqu’il est parfait et pas vous. Petit à petit, à force de l’entendre, vous commencez à y croire et vous vous chargez tout seul de tout réparer ce qui est mentalement épuisant.
  • Il vous impose sa supériorité : il utilise votre ignorance, vos points faibles pour vous montrer comment il est supérieur à vous. Dans mon cas, il m’a toujours rabaissé en appuyant sur « mon manque de culture » et en dénigrant mes goûts. De cette façon, il me faisait comprendre qu’il était meilleur que moi et qu’il m’était supérieur.
  • Il ne fait aucune concession : vos besoins, vos droits, vos envies, vos rêves passent au second plan avec lui parce que vous n’êtes pas aussi important que lui. Vous vous dites que vous feriez tout pour lui ? Que vous pourriez déplacer des montagnes pour lui ? Lui, ne le fera jamais. Pour ma part, je me souviens de lui me disant que jamais il ne se battrait pour moi. Je l’ai entendu mais je l’ai ignoré.
  • Il vous enlève votre liberté : vous lui demandez toujours son avis ou son accord avant de faire quelque chose ? Vous remettez alors votre libre arbitre entre ses mains. Par exemple : je voulais me faire percer le nez mais lui ne voulait pas. J’ai alors mis aux oubliettes quelque chose dont j’avais vraiment envie parce que lui ne le voulait pas. Pareil pour les vêtements, les tatouages, mes cheveux, …
  • Il change de comportement suivant les personnes: Il n’est pas le même avec sa famille, avec ses amis et avec vous. Dans mon cas, il était tendre avec moi en privé mais avec ses amis j’étais mis au second plan. C’était le jour et la nuit entre ces deux situations. Il avait toujours cette envie de plaire et de briller et tu n’y arrives pas avec une fille collée à tes bras…

Je vous dis tout sur ce que j'ai vécu pendant 5 ans avec un manipulateur narcissiqueConclusion

Des critères comme ceux-ci il en existe des centaines ! Je vous ai cité ici une petite partie des points où je retrouve vraiment mon ex mais ce n’est pas exhaustif. On ne s’en rend pas compte tant qu’on ne l’a pas vécu. Les violences psychologiques sont tout aussi dévastatrices que les violences physiques. J’ai eu une chance inouïe d’y échapper. Je m’en rends compte maintenant. Jamais je n’aurais pu le quitter malgré tout ce qu’il m’a fait endurer. C’était aussi incroyable que c’était horrible. L’amour ce n’est pas ça du tout, j’en suis sûr même si maintenant je n’ai encore rien vécu d’autre. La passion et la souffrance ne sont pas liées et ne sont pas une norme.

Sachez que vous rencontrerez une personne qui ne remettra pas vos valeurs en question. Cette personne vous aimera pour ce que vous êtes, elle vous traitera comme une personne entière. Elle ne vous manipulera pas, elle ne vous remettra pas en question, elle ne vous enfoncera pas, elle ne vous dénigrera pas. Elle sera bienveillante envers vous ! Si jamais vous êtes en couple avec un manipulateur narcissique, sachez que ce n’est pas votre faute. Vous n’avez pas de problème. Vous êtes une personne qui mérite le bonheur. Partez ! Vous ne le changerez pas. J’ai essayé, j’ai échoué lourdement. La seule chose que vous pouvez faire pour votre bien-être, c’est partir. Coupez les ponts et l’oublier. Ce sera dur mais ce sera tellement mieux ! Écoutez vos proches aussi et demandez de l’aide. Ils sont bien plus lucides que nous quand nous sommes amoureux. Mais surtout ne restez pas par amour, vous vous perdrez dans cette relation empoisonnée…

Vous êtes importantes et personne n’a le droit de dire le contraire !

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Écris par Emma
J'ai 22 ans, je suis en Master Nutrition & Alimentation à Dijon et je suis aussi passionnée par le bien-être, les tatouages, le patinage artistique, la photographie, le sport et pleins d'autres choses ! Plus touche à tout que moi, tu meurs ! En tout cas bienvenue sur le blog ! ;)